Recherche et enseignement postsecondaire en gériatrie et en gérontologie

À la suite d’un rigoureux processus d'examen par les pairs, la Fondation ERO/RTO a annoncé à l'automne 2016 un financement total de 100 000 $ pour quatre nouvelles subventions liées à la recherche sur le vieillissement et à la formation des étudiants de niveau postsecondaire en gériatrie et en gérontologie. 

Évaluation d'un programme d’éducation standardisé en ligne sur la démence, pour les étudiants du postsecondaire dans le secteur de la santé

Des symptômes comportementaux et psychologiques de la démence (SCPD) comme l'agitation, les vocalisations répétitives, la sortie des zones sécurisées, le refus des soins, ainsi que l'agression, sont fréquemment constatés chez les aînés plus âgés atteints de démence dans tous les milieux de soins de santé au Canada. Dans les faits, jusqu’à 50 % des patients les démontrent.  

Les étudiants du postsecondaire dans le secteur de la santé connaissent peu les effets comportementaux liés à la démence, ainsi que les habiletés requises pour réagir de façon optimale en présence de tels comportements. Ce manque de compréhension des étudiants peut les amener à éviter les patients atteints de démence, dans l’un ou l’autre secteur des soins de santé.

Une subvention de 24 989 $ a été attribuée à l'Université Ryerson, au programme AGE ainsi qu’à l'Université McMaster pour ce projet. La subvention vise à renforcer la capacité des élèves à aider les patients atteints de démence qui affichent des comportements difficiles en contexte d’intervention non médicale.   

Ce projet vise à examiner un programme d'éducation sur la démence pour les étudiants du post-secondaire dans différents milieux de soins. L’objectif est de développer la capacité des élèves à aider les patients atteints de démence et qui affichent des comportements difficiles.

Une trousse d'outils pour les professionnels de la santé traitant des aînés plus âgés LGBT en fin de vie

Les aînés plus âgés qui s'identifient comme lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres (LGBT) continuent d'être confrontés à la discrimination et à la marginalisation au Canada. Par conséquent, ils ont moins tendance que les adultes hétérosexuels à tenter d’obtenir un soutien en soins de santé.

Les disparités vécues par les personnes LGBT sont bien connues, allant des effets négatifs de la stigmatisation à l'accès réduit aux services sociaux. De plus, en comparaison aux personnes hétérosexuelles, les aînés plus âgés LGBT sont socialement plus isolés, ont plus tendance à vivre seuls, sont plus préoccupés par les aspects monétaires, et plus susceptibles de rencontrer des obstacles en soins de santé et d’avoir à compter sur les voisins et les amis pour obtenir des soins. 

Cette subvention de 24 750 $, accordée à l’École de médecine du Nord de l’Ontario, à l’Université de Guelph, à l'Université d'Ottawa et aux campus de l’Université Lakehead, intègre à la fois la recherche et la formation et vise à appuyer les aînés LGBT de l'Ontario dans les collectivités urbaines, rurales et éloignées.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Ce projet de recherche vise à mettre au point une trousse d’outils comprenant une série de ressources pédagogiques pour aider les professionnels de la santé à fournir des soins inclusifs qui répondent aux besoins des aînés plus âgés LGBT.  Les objectifs de ce projet sont les suivants :

• promouvoir et renforcer la prise de conscience des besoins particuliers des aînés plus âgés qui s'identifient comme LGBT à un âge avancé;

• élaborer un outil éducatif et de formation interactive pour aider les professionnels de la santé à fournir des soins inclusifs, réconfortants et complets aux aînés qui s'identifient comme LGBT;

• mettre à l'essai l'outil de formation interactif auprès des futurs professionnels de la santé;

• évaluer la mise en œuvre de l'outil de formation, ainsi que la compréhension et la satisfaction des apprenants.

Le projet Speaking Up et Speaking Out permettra de développer une trousse d'outils pour les professionnels de la santé qui traitent des aînés plus âgés LGBT vers la fin de leur vie. La trousse d’outils contribuera aussi à l'élaboration d'un environnement de soins de santé inclusif pour tous les aînés plus âgés.

Évaluation d'un programme d'éducation gériatrique pour les résidents en chirurgie orthopédique

Les chirurgiens orthopédistes fournissent des soins aux aînés de différentes façons, y compris par l’arthroplastie totale et la prise en charge des fractures. Quatre-vingt-six pour cent des fractures de la hanche surviennent chez les personnes de 65 ans et plus. Statistique Canada estime que d’ici l’an 2030, 25 % de la population canadienne sera âgée de 65 ans et plus. Étant donné le vieillissement de la population, les chirurgiens orthopédistes devront soigner une proportion sans cesse croissante de patients âgés.  

La Fondation ERO/RTO a attribué un montant de 24 655 $ à l’hôpital du Mount Sinaï et à l’Université de Toronto, afin d’évaluer un programme d’éducation en gériatrie pour les résidents en chirurgie orthopédique. Ce projet vise à renforcer les compétences gériatriques des étudiants en orthopédie, afin que les futurs chirurgiens soient mieux en mesure de soigner la population croissante d’adultes plus âgés.

De nombreuses complications sont associées à la chirurgie et à la convalescence des aînés.   En particulier, les chirurgies en raison d’une fracture de la hanche sont davantage liées à de mauvais résultats : complications médicales importantes, décès du patient, perte d’autonomie, fardeau financier et un risque accru de délire après la chirurgie.

Même si l’approche optimale serait d’impliquer un gériatre pour la prise en charge des patients, la pénurie d’experts dans ce domaine rend le concept irréaliste. Il devient donc essentiel de renforcer les compétences gériatriques des chirurgiens orthopédistes.

Les chercheurs espèrent identifier les points forts et les points faibles du programme. Ils veulent aussi évaluer comment offrir une meilleure formation en gériatrie aux chirurgiens orthopédistes. Les connaissances acquises à partir de l'étude pourront ensuite servir à améliorer le programme actuel et à faciliter la mise en œuvre de la formation gériatrique dans les programmes de médecine en Ontario.

Stimulation cognitive administrée à des bénévoles afin d’améliorer la qualité de vie des adultes plus âgés dans les établissements de soins de longue durée

La perte de capacité cognitive est l'une des conditions les plus invalidantes qui soient pour les aînés. Elle a de graves répercussions sur la santé et la qualité de vie d’une personne. Elle diminue sa capacité à identifier avec précision l’emplacement de la douleur pour les professionnels de la santé, à faire face aux symptômes de maladies chroniques, à accomplir les activités fonctionnelles de la vie quotidienne et à prendre en charge sa santé personnelle. 

Plus de la moitié (54,7 %) des résidents des établissements de soins de longue durée en Ontario sont atteints de démence. Notre capacité à soigner ces troubles cognitifs est présentement limitée. Cependant, des preuves récentes démontrent qu’il est possible de stimuler, maintenir et même améliorer la fonction cognitive des personnes atteintes de démence, afin d’aider à ralentir la progression de la maladie et améliorer la qualité de vie.

La Fondation ERO/RTO a attribué 25 000 $ à l’hôpital Baycrest, à l’Université de Toronto, au Manoir Meighen ainsi qu’aux Centres Rekai de Sherbourne Place et de Wellesley Central Place, afin d’examiner les avantages de recourir à une stimulation cognitive avec les résidents plus âgés en soins de longue durée, lors des visites amicales des bénévoles.  

Le projet vise à démontrer que le recours aux exercices de stimulation cognitive lors des conversations avec les résidents permettra d’améliorer les comportements, l’humeur et la qualité de vie. 

Ce projet est particulier, puisqu'il étudiera les avantages de la programmation cognitive et développera des « trousses » de ressources pratiques permettant d’offrir de tels programmes aux établissements de soins de longue durée situés dans des communautés moins bien desservies.  Grâce au travail des bénévoles, le projet pourra examiner les effets à court et à long terme d'un programme relativement simple et abordable, misant sur le stylo et le papier, pour les aînés plus âgés des établissements de soins de longue durée.

« Des preuves récentes démontrent qu'il est possible de stimuler, de maintenir et d'améliorer les processus de pensée et de mémoire des personnes atteintes de démence. On pourrait ainsi aider à ralentir la progression de la maladie et améliorer la qualité de vie », explique la docteure Nicole Anderson, neuropsychologue clinique et scientifique principale à l'Institut de recherche Rotman du Baycrest Health Sciences. « Malheureusement, ajoute-t-elle, les méthodes pratiques pour généraliser ce type de programmation n'ont pas suivi le rythme de la recherche ».