Témoignages

La prochaine génération de gériatres

Témoignages d’étudiant(e)s en gériatrie

L'un des principaux objectifs de la Fondation ERO/RTO est de s'assurer que plus d'étudiants de niveau postsecondaire démontrent de l’intérêt envers une carrière en recherche et dans les soins aux aînés. 

Dans le cadre de la Chaire de médecine gériatrique ERO/RTO, la Dre Rochon supervise le travail d’étudiants en gériatrie et en gérontologie. Voici certains témoignages…

Nishila Mehta 

Notre cerveau définit qui nous sommes. Tant notre personnalité que notre mémoire et notre existence dépendent de son bon fonctionnement. Mon intérêt pour les maladies neurodégénératives remonte à ma 12e année, alors que j’avais fait une recherche sur la maladie d’Alzheimer. Par la suite, je me suis impliquée dans des domaines de recherche allant de la technologie utilisée en neurochirurgie jusqu’à la maladie de Parkinson. J’ai acquis une bonne compréhension des fondements de ces conditions médicales. Une question de fond est restée sans réponse : comment les gens vivent-ils ces conditions au quotidien? Grâce à ERO/RTO, j’ai eu l’occasion d’étudier les expériences concrètes des adultes plus âgés atteints de démence, dans le cadre d’un projet supervisé par la Dre Rochon. Cette perspective nouvelle a donné une tout autre signification à mon expérience passée, et contribuera à la recherche que je prévois de poursuivre au cours des prochaines années. En tant que future scientifique-clinicienne, j’espère apporter une contribution appréciable au domaine de la gériatrie, en permettant d’appliquer la recherche à des solutions concrètes pour les personnes concernées – du laboratoire au chevet du patient et vice-versa.

Craig Rodrigues 

L’an dernier, j’ai eu l’occasion de faire un stage étudiant en soins palliatifs. Après cette expérience, j’ai postulé un emploi à l’hôpital Women’s College. Mon intérêt envers le vieillissement en santé s’est accru alors que je continuais d’apprendre comment le système de soins de santé aide les adultes plus âgés à maintenir leur qualité de vie. Les gens vivent plus longtemps que jamais. Des maladies qui n’apparaissaient pas autrefois parce que la durée de vie était trop courte font maintenant partie du quotidien. Prendre en charge ces maladies et aider les adultes à bien vieillir représente tout un défi. Je suis heureux de savoir que mes efforts contribuent à résoudre ce problème. Présentement, je collabore avec un autre étudiant à l’analyse des écarts dans la recherche liée aux médicaments pour la démence. Puisque je me destine à une carrière en médecine, les connaissances que j’acquiers en analyse critique m’aideront à devenir un meilleur professionnel de la santé.

Manpreet Lamba

J’ai toujours compris l’importance de l’éducation, principalement en raison de ma mère qui est enseignante en Ontario. J’ai obtenu un baccalauréat en sciences de la santé à l’Université Western ainsi qu’une maîtrise en santé globale à l’Université McMaster. Très intéressée par la recherche clinique, j’ai eu la chance d’apprendre de façon concrète en étudiant les cas d’adultes plus âgés sous la supervision de la Dre Rochon. En tant qu’assistante de recherche chez ces personnes, j’ai examiné comment il est possible d’optimiser leur utilisation de médicaments afin d’assurer qu’elles ne prennent que ceux vraiment nécessaires. J’ai également travaillé à renforcer la représentation des femmes dans les données de recherche. J’ai acquis de précieuses habiletés en recherche en contribuant à l’analyse de documentation, à des demandes de subventions, à des manuscrits pour publication et à la mise en pratique de la recherche. J’ai bien hâte de mettre à profit ces connaissances lors de mes études en médecine que je commencerai à l’Université McMaster en septembre, ainsi qu’au cours de ma carrière en médecine et en recherche.

La prochaine génération de chercheurs en gériatrie

Entrevue avec Lynn Zhu, chercheuse postdoctorale

D’où vous vient votre intérêt pour le vieillissement?

Mes grands-parents ont joué un rôle très important dans ma vie. Le fait de les avoir observés, eux et leurs amis, m’a incitée à en savoir davantage sur le vieillissement. En 9e année, j'ai fait du bénévolat dans l'aile gériatrique de l'hôpital St. Joseph à Hamilton. Ce fut une expérience formidable qui a amorcé mon désir de faire carrière en gériatrie et en gérontologie. 

Quel domaine de recherche vous passionne le plus?

Je suis particulièrement intéressée par la santé publique, et aussi à aider les adultes plus âgés à vivre le plus longtemps possible dans la communauté. C’est un sujet que j'ai exploré tout au long de mes études et de mon expérience de travail.   

Pourquoi devrions-nous investir dans la recherche sur le vieillissement?

Nous n’échappons pas au vieillissement – nous passons tous par cette étape de la vie et c'est pourquoi investir dans la recherche sur le vieillissement est vraiment un investissement en nous-mêmes. La recherche est l'un des meilleurs moyens d'améliorer nos connaissances sur la façon de bien vieillir. Le vieillissement est un domaine sous-financé et même négligé de la recherche en santé publique. Il reste encore beaucoup de travail à faire pour trouver la meilleure façon de soutenir les personnes après leur retraite. 

Comment votre formation vous a-t-elle aidée?

J’ai un diplôme de premier cycle en sciences de la vie de l'Université de Toronto. Ces cours m’ont appris comment le vieillissement modifie plusieurs dimensions de la vie d'une personne – pas seulement du point de vue biologique, mais aussi émotionnel, financier, social, psychologique et spirituel.   

Pour ma maîtrise à l'Université Western Ontario, mes efforts ont porté sur la santé et le vieillissement. J'ai rencontré des gens qui sont les aidants naturels de leur conjoint à la maison. J’ai aussi étudié comment ces personnes en arrivent à décider de continuer comme aidants naturels, ou plutôt d’opter pour des soins de longue durée pour leurs proches. Par exemple, les hommes ont commencé à envisager des soins de longue durée lorsque leur conjointe avait besoin d'aide pour les soins personnels, comme prendre un bain ou aller à la toilette. Les femmes, ainsi que les personnes dont les croyances culturelles sont très axées sur les soins à la famille, tendent à vouloir continuer de prodiguer des soins.Ma plus récente formation au doctorat à l’Université Western est en épidémiologie, une branche de la santé publique. L’épidémiologie étudie la santé et la maladie dans les grandes populations, et comment gérer et fournir des services pour répondre aux besoins en santé et en maladies. J'ai passé plus de quatre années à visiter les adultes âgés atteints de la maladie de Parkinson dans les petites et grandes villes du sud-ouest de l'Ontario. J'ai découvert la façon dont les nouvelles technologies, comme les GPS portables, pourraient servir à étudier la mobilité des personnes âgées. J'ai également acquis des compétences importantes en recherche et des connaissances sur certains des défis auxquels font face différents Ontariens plus âgés.  

Quel est votre objectif dans ce travail postdoctoral?

Je suis très reconnaissante de l’occasion qui m’est fournie par l’entremise de la Chaire de médecine gériatrique et du généreux don testamentaire de Margaret Emmerson. Cette opportunité me permettra d'avoir accès à de vastes ensembles de données provinciales, afin de trouver des façons d'améliorer les pratiques de prescription de médicaments. Plus important encore, j’aurai la chance d'être encadrée par la Dre Paula Rochon, une gériatre et chercheur de premier plan. C’est une étape précieuse dans ma transition vers l’autonomie dans une carrière de chercheuse.

Où vous voyez-vous dans 10 ans?

J’ai l’intention de poursuivre ma carrière en santé publique et en vieillissement, dans un rôle qui intègre à la fois le contact direct avec la communauté et la recherche. 

Dites-nous quelque chose de personnel à votre sujet.

J’aime apprendre. À l’heure actuelle, j’essaie d’améliorer mon niveau de français, ainsi que ma technique en planche à roulettes. Je suis née dans le sud-est de la Chine et ma famille a déménagé à Hamilton quand j'avais 9 ans. Nous avons ensuite déménagé à Toronto vers le milieu de mes années d'études au secondaire. Durant mes études de doctorat, j'ai pratiqué l’escrime de competition.

Un dernier mot? Je tiens à remercier les membres d'ERO/RTO grâce auxquels ce projet me permet de rencontrer des gens qui feront l’objet de mes études et d’avoir accès à des ensembles de données. Mais surtout, il est très motivant de travailler avec un groupe tellement passionné par la connaissance et le désir de redonner à la communauté.